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Monday 3 December 2007

Gauchiste!

Si vous ne me connaissez pas personnellement, eh bien maintenant vous le savez : mariejasmin est toujours dans la lune. A fortiori le matin. Je fais partie de ceux dont les pieds ne se posent pas sur terre avant que la caféine n’ait atteint le cerveau.

Ce matin, un petit matin frileux où la neige fait squi squi sous les pas, ne fut pas exception : la caissière du café du coin a dû me répéter le prix du latte au moins trois fois avant que je ne réagisse et que je sorte mon change. Les deux premières fois, je fixais, absente, la rangée de sacs de grains de café derrière elle, mélange Gauchiste! disaient les sacs tous en choeur, en me demandant pourquoi la gauche était-elle à gauche. Je me disais aussi que je n’avais encore jamais rencontré de gaucher gauchiste un peu gauche… Oui je plains la caissière du café du coin.

Donc, les mains bien enroulées autour de mon verre en carton brûlant, je m’arrête chez le bouquiniste juste à côté pour trouver réponse à mes futiles interrogations. Je déniche une plaquette intitulée La gauche expliquée à mes filles. Parfait! Mon âge mental politique s’estimant à 12 ans, je suis tout à fait comblée!

«C’était il y a deux siècles, au moment de la Révolution française, poursuivis-je. Les représentants de la Nation, les députés, étaient tous réunis en Assemblée constituante, comme on vous l’a appris à l’école (Ah? Je devais pas encore avoir bu mon café…). Parmi ces députés, il y en avait qui étaient pour faire la Révolution, instaurer la Démocratie. D’autres étaient au contraire pour conserver l’Ancien Régime, arrêter les désordres, maintenir la monarchie, quitte à la réformer un peu.

Le 28 août 1789, les députés ont été appelés à se prononcer sur une question très importante. Il s’agissait de définir les pouvoirs du roi : fallait-il lui reconnaître le droit de s’opposer aux décisions de l’Assemblée nationale – le droit de veto –, ou bien fallait-il le lui refuser? Au moment du vote, les partisans du roi se sont regroupés à droite de la tribune, où siégeait le président de l’Assemblée; ses adversaires se sont regroupés à gauche. En ce temps-là, on votait en se levant ou en restant assis. Pour compter les voix c’était plus commode de se regrouper ainsi d’un côté ou de l’autre de l’hémicycle. Et puis, comme on s’insultait déjà beaucoup, c’était aussi plus prudent de se retrouver avec ceux qui partageaient la même opinion.

Par la suite, tout au long du XIXe siècle, ceux qui étaient pour poursuivre l’œuvre de la Révolution française, étendre et approfondir la démocratie, affirmer la république, ont siégé à gauche de l’Assemblée; ceux qui étaient pour défendre l’ordre social, la tradition, l’autorité, ont siégé à droite. »

Rédigé par Mariejasmin en copiant sans vergogne de La gauche expliquée à mes filles, par Henri Weber.

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