Cercle de la connaissance inutile

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Denpasar, Bali, a un festival du baiser.

source: Agence France Presse, via BBC week in pictures

Le bécotage sur les bancs publics est encore très tabou en Indonésie, en particulier dans les îles a majorité musulmanes de Java et Lombok. Les amoureux de l’île de Bali, avec sa population hindoue, ont plus de chance: ils ont une chance par année, pour être exacte. Le fetival du baiser, Med-Medan, célébré un jour après le Nyepi, permet aux jeunes couples Balinais (de sexe différent, quand même!) de démontrer leur affection en s’embrassant dans les rues, sous les encouragements des observateurs qui les asergent d’eau.

Sur la présence incongrue de sept dans septembre

— J’ai vu une affiche bizarre, que mon chum me dit. Sur un restaurant chinois, un grand idéogramme «  » – un 7 chinois –, avec en dessous la mention “Sept”.

— Oui, sept ça veut dire 7.

— Quoi! (Il réagit comme si je venais de proférer le comble de l’absurde.) Mais sept., c’est pas l’abréviation de septembre ? J’étais sûr que ça voulait dire septembre.

— Ahhh, ça pourrait, si c’était pas écrit en dessous d’un gros 7 chinois. Sept et sept. s’écrivent pareil, mais n’ont rien avoir ensemble. (mens-je avec conviction…)

— …et octobre, novembre, décembre n’ont rien avoir avec 8, 9, 10?

— Ohhhhhhh! Les derniers mois sont numérotés de 7 à 10!

Encore une fois, l’étudiant enseigne au professeur. « Enseigne » est un euphémisme : je suis éblouie !

On se rend rarement compte de l’absurde de sa propre langue. Jusqu’à ce qu’on ait à l’expliquer à quelqu’un.

Les Romains sont un peuple militaire : leur année débute au moment où l’on reprend la guerre. Les lecteurs d’Astérix l’auront remarqué, les Romains se battent en sandales. Ils attendent que la neige fonde, et donc, leur année débute à la première nouvelle lune du printemps, en mars.

Les noms des quatre premiers mois honorent des divinités : en mars on fait la guerre (Mars), en avril on fait l’amour (Aphrodite), en mai on fait pousser le blé (Maïus), en juin, on se marie (Junon). Les mois qui suivent s’appellent #5, #6, #7, #8, #9, et #10.

Et après décembre ? Après, il n’y a rien. Quand le calendrier finit, il reste une cinquantaine de jours qui ne comptent pas, et ils ne sont ni nommés, ni comptés, sauf les six jours avant le nouvel an (les calendes), qui eux sont des jours de festivités numérotés de -6 à -1.

En 2012, il faudra ajouter un jour au calendrier. Nous célébrerons donc le jour -6 deux fois. Année bissextile, comme dans moins six, bis.

C’est Jules qui a décrété que l’année devrait toujours comporter 365 jours, et en ce faisant, dut ajouter janvier (Janus, dieu des portes) et février (Februa, dieu de la mort) au programme. Ah, et puis tant qu’a y être, le joli mois de quintilis est renommé en son honneur, juillet. Avec l’année solaire régulière de César, le nouvel an, le 1er mars, ne tombait plus toujours sur une nouvelle lune, mais les célébrations de la nouvelle année se pratiquaient encore selon les lunaisons, vers la fin mars, même parfois début avril…

Auguste est venu, un peu avant la naissance de Jésus, réajuster les choses de plus belle, particulièrement cette tendance qu’avait son peuple à faire trop de partys d’année bissextile, ce qui avait quelque peu déréglé les saisons. Le froid et le beau temps suivirent dès lors leur cours normal et pour l’en féliciter on donna à l’Empereur non seulement son nom au mois d’août, mais puisqu’Auguste méritait autant de jours que Jules, on lui ajouta aussi un jour, qui fut retiré à février.

Jusque là, septembre était toujours le septième mois, et il l’est resté plus ou moins jusqu’en 1582. C’est l’année du lancement officiel de notre calendrier grégorien en Europe, qui retire 3 jours bissextiles par 4 siècles, pour plus de précision. On s’en fout.

Mais c’est aussi avec l’implantation du calendrier grégorien qu’est officiellement et définitivement abandonnée la date du nouvel an militaire et agricole, en mars, et qu’elle est remplacée par celle du nouvel an politique et fiscal, le 1er janvier. CQFD.

Quelques éberlués rebelles continuent cependant à marquer le « vrai » nouvel an aux alentours de l’équinoxe, en se donnant de faux cadeaux et des invitations à des fêtes inexistantes. April fools.

Les cartes à jouer ont des prénoms!

Les valets s’appellent:

  • Lahire
  • Lancelot
  • Hector
  • Ogier

Les dames:

  • Judith
  • Argine
  • Rachel
  • Pallas

Et les rois:

  • Charles
  • Alexandre
  • Jules
  • David

Une partie de notre cerveau est dédiée spécifiquement aux petits bonhommes.

Oliver Sacks le dit (à 13:50): « Il y a une autre partie du cerveau qui est spécialement activée quand on voit des bonhommes. Elle est activée quand on reconnaît des bonhommes, quand on dessine des bonhommes, et quand on en hallucine. C’est très intéressant que cela soit spécifique. »

L’incroyable Hollandais Non-Volant

Tout en lisant les nouvelles du sport épicées à la connaissance inutile de mon héros Jean Dion, je suis tombée ce matin sur ce fait tout à fait incroyable:

[...] l’Américain Johnny Spillane, inscrit au combiné nordique — ski de fond plus saut à ski —, éprouve une sainte trouille de… voyager en avion. «Je déteste ça», dit-il. «Je m’assois et je souffre. Depuis l’instant où les roues quittent le sol jusqu’à celui où elle se posent, je n’ai aucun plaisir.» Et pourtant, il aime voler avec pas d’aéronef.

La peur de voler porte aussi les noms erophobie, aviatophobie, aviophobie ou pteromechanophobie. Comme quoi, même si on a peur de quelque chose, on peut demeurer prétentieux. Fiou! J’ai failli devoir rester humble, là… un petit moment, j’ai eu peur.

Outre Johnny Spillane, le Hollandais Non-Volant, Dennis Bergkamp, est fort reconnu mondialement pour son incroyable peur de voler. Ce joueur de soccer d’un calibre si élevé qu’il donne la frousse aux acrophobes souffrait tant d’avoiphobie qu’il refusait carrément de jouer un match s’il fallait s’y rendre en avion. Les distances européennes étant plus raisonnables que, exemple, Montréal-Vancouver en auto, il a quand même réussi à représenter son pays à la Coupe du Monde de 1994 et 1998, mais il a dû déserter son équipe nationale (qui porte le surnom de «Flying Dutchmen») lors du Mundial de 2002 qui se déroulait au Japon et en Corée. Il aurait pu faire le trajet avec le présumé capitaine du légendaire vaisseau fantôme, le Hollandais Volant, si ce dernier n’était pas disparu mystérieusement avec son navire et son équipage vers la fin du 17e siècle…

La légende veut que le capitaine Barend Fokke et son équipage aient étés bannis à errer indéfiniment sur les mers dans leur vaisseau fantôme après un pacte fait avec le démon. En effet, Fokke pouvait effectuer le trajet entre la Hollande et l’île de Java en seulement trois mois et quatre jours. En 1678, ça sentait le peu catholique. Wikipédia ajoute:

En outre, Fokke était, parait-il, extrêmement laid, ce qui ajoutait à la crédibilité d’un pacte infernal[2].

Après la ténébreuse disparition de son bâtiment entre deux mers, de nombreuses apparitions de vaisseaux volants lui furent attribués, souvent près du cap de Bonne Espérance en Afrique de Sud, mais souvent aussi au dessus de la Mer du Nord. Les marins, qui percevaient cette vision comme un mauvais présage, s’écriaient alors «Fokke, le Hollandais Volant!». Plus tard, la cote de popularité du Hollandais Volant diminua lorsque ces mêmes apparitions furent attribuées aux martiens.

Nous savons aujourd’hui que les vaisseaux fantômes existent. Il s’agit d’un phénomène de réfraction de la lumière près de l’horizon, lorsque la température sous la ligne de vision est inférieure à la température au dessus. Dans certaines conditions, cela permet de voir des objets qui sont derrière l’horizon apparaître dans le ciel. Si, de plus, la lumière doit franchir de grandes bandes d’air dont la température (et donc l’indice ce réfraction) varie beaucoup, l’image apparaîtra déformée, et en mouvement constant. Ce type d’illusion d’optique est connu sous le nom de Fata Morgana. Fata Morgana est le nom donné à Morgane dans la traduction italienne de la légende arthurienne. Mais je digresse…

Flying Dutchman par George Grie

Célébrités inconnues: Walter Frederick Morrison

image shamelessly stolen from the BBC

Walter Fredrick « Fred » Morrison, inventeur du Frisbee, est décédé le 9 février dernier à l’âge de 90 ans. L’affaire s’est appellé Whirlo-Way, Flyin-Saucer et Pluto Platter avant de devenir un Frisbee. Levons une assiette à tarte en son honneur. Cheers, monsieur Morrisson!

Fèves savantes